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Anthony Seldon est un expert britannique dans le domaine de l’éducation. En 2017, il a provoqué le buzz en déclarant que d’ici 2027, l’Intelligence Artificielle remplacera les professeurs en se fondant sur une analyse riche en études de cas.

Cette déclaration peut être évidemment perçue comme agressive de prime abord car les propos de l’auteur peuvent être déformés si l’article n’est pas lu dans son intégralité. Parce qu’une chose est sûre, l’I.A ne remplacera jamais les professeurs.



Les professeurs continueront de jouer un rôle crucial pour encore de nombreuses années

Certes, l ’I.A menace de nombreux emplois : 800 millions selon une récente étude de l’entreprise de conseil McKinsey. Ces emplois en voie de disparition ne sont pas perdus dans l’absolu, car l’I.A, la numérisation et la robotisation de l’économie en créeront bien plus. C’est notamment l’avis de Gartner, entreprise de conseil et de recherche américaine.

L’étude de McKinsey prouve que les emplois sont menacés. Les domaines concernés sont très différents, passant de l’analyse financière à la médecine.

La pédagogie, elle, est un secteur qui ne fait absolument pas parti de cette “wanted list”. L’argument principal étant qu’elle consiste en la pratique des relations humaines et l’application de compétences douces, plus communément appelées soft skills.

Comme l’explique bien l’oeuvre de Yuval Noah Harari, Sapiens, ce qui fait de nous des Hommes c’est notre capacité à se raconter des histoires, à projeter des réalités conçues et à développer l’intersubjectivité. Cette dernière est le fondement de l’éducation, de la formation, du langage, de la créativité et de l’innovation. Or, l’intersubjectivité est une compétence inconcevable pour l’I.A.

Une chose est sûre, les professeurs joueront un rôle crucial dans l’Éducation et la pédagogie n’en deviendra que plus passionnante.

Cependant, cela ne signifie pas que la technologie devrait rester en retrait, bien au contraire ...



L’I.A aidera les professeurs à se concentrer sur ce qui compte vraiment

Si vous allez plus loin dans l’étude de Seldon, vous vous rendrez compte qu’il soulève des points intéressants. Tout d’abord, le développement de l’I.A comme assistant au professeur. C’est là que 1. l’I.A devient un outil moteur de l’amélioration continue de l’apprentissage et 2. l’I.A révolutionne le métier de pédagogue.

En quoi ?

Aujourd’hui ceux-ci perdent beaucoup de temps à effectuer des tâches à faible valeur ajoutée. On parle ici de la création et la correction des examens, du management des logistiques, de l’emailing et des tâches administratives basiques.

Cependant, ces activités ne sont absolument pas liées à l’apprentissage.

C’est à ce niveau que les assistants I.A résolvent ce problème. Comment ? En fournissant plusieurs services :

  • l’automatisation de la collection, du traitement, et de la visualisation des données académiques. Ceci facilite la compréhension de l’apprentissage des élèves par les professeurs, favorisant ainsi le travail pédagogique. Ces solutions sont communément appelées Learning Analytics et Multimodal Learning Analytics (pour en savoir plus c’est ici).
  • l’automatisation des corrections et la facilité de créer des examens.
  • l’automatisation des tâches administratives telles que les emailing, les envois de copies etc.

C’est le point développé par Rose Luckin, professeur à University College London Knowledge Lab, dans une étude de 2017 : aider les professeurs à optimiser leur travail afin de se concentrer sur l’innovation pédagogique ; c’est LA mission de l’I.A dans l’Éducation de demain.

En dernier lieu, l’I.A comme assistante est une solution oblige face au manque croissant de professeurs, que ce soit au Royaume-Uni, en Europe ou aux États-Unis, ainsi qu’un outil de promotion d’une profession de plus en plus “entrepreneurs du savoir” et excitante.



L’I.A ne remplacera jamais les professeurs

Dans tous les cas, le numérique n’est pas en mesure d’entrer en compétition avec le cerveau humain et sa maîtrise des relations humaines.

Interviewée par le média Futurism, Rose Luckin déclare : “Je ne crois pas que les robots puissent être en position d’appliquer le large panel de tâches qu’un professeur humain peut accomplir quotidiennement. Et je ne crois pas non plus qu’un robot développera le même vaste répertoire de compétences qu’un professeur possède”. Luckin n’est pas la seule à affirmer cela. De plus en plus d’analyses neuroscientifiques arrivent aux mêmes conclusions révolutionnaires.

  • Paul Reber, professeur de psychologie à la Northwestern University déclare que “La capacité de stockage d’informations du cerveau humain est virtuellement illimitée et ne s’épuise jamais”.

  • George Dvorsky, reporter senior chez Gizmodo: un média spécialisé dans les nouvelles technologies, affirme que la capacité de mémoire du cerveau humain équivaut à un quadrillion de bytes : ce qui finalement équivaut au stockage d’Internet dans sa totalité.

  • Terrence Sejnowski, professeur au Salk Institute déclare : “Nous avons découvert que la clé permettant d’accéder à la structure de fonctionnement des neurones, dans l'hippocampe, qui avec si peu d’énergie font preuve d’une puissance de calcul impressionnante. Nos nouvelles analyses de la capacité mémorielle du cerveau humain estiment la capacité mémorielle du cerveau humain à une fourchette supérieure à celle d’Internet”.




C’est une révolution dans le domaine de la neuroscience qui ne fait que commencer.

Enfin, le rapport de McKinsey le démontre : . lLes emplois les plus recherchés et les moins remplacés par les robots et intelligences artificielles seront ceux qui impliquent une expertise des relations humaines et la maîtrise de compétences douces. Des compétences telles que la créativité, l’empathie, la pensée critique ou le travail d’équipe et la communication. Ça tombe bien, les professeurs entrent exactement dans cette catégorie !