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19 mars 2019

Les exploits du Peer Learning

Les exploits du Peer Learning

Vous pouvez écouter la version complète de l’interview ici !

À l’occasion de notre premier podcast WeTestEd, nous avons eu l’occasion de discuter avec Diane Lenne, CEO de la startup We Are Peers.

We Are Peers, c’est une des startups Edtech en vogue en ce moment en France. Il faut dire qu’ils proposent une solution innovante, efficace et sacrément prometteuse.

Ce qu’ils font ? Ils développent l’apprentissage par les pairs, ou Peer Learning, au sein d’entreprises, dans les écoles de commerce et universités. Ils le font en animant des sessions live de Peer Learning et proposent aussi une plateforme pour accompagner celles-ci, une sorte de LMS.

TestWe : Selon toi, qui sont les plus innovants entre les entreprises et les institutions de l’Enseignement supérieur ?

Diane : Ça dépend ! Ce que je peux dire c’est qu’avec les entreprises ça va beaucoup plus vite, c’est généralement eux qui nous contactent pour intégrer le Peer Learning le plus rapidement. Tandis qu’avec les écoles, là c’est nous qui devons nous mettre en position de recherche proactive et on doit faire un vrai travail d’éducation. Mais c’est aussi pour ça qu’on s’est lancé sur ces deux profils très différents.

T : Tu as le même constat concernant les résultats ? C’es à dire tu obtiens des résultats positifs plus tôt dans les entreprises ?

D : Eh bien les résultats sont observables après une seule session. Donc dans ce cas là c’est la même chose pour les entreprises que pour les écoles.

T : 3 avantages et 3 inconvénients du Peer Learning ?

D : Alors concernant les avantages je dirais que :

  1. c’est une pédagogie qui est très responsabilisante
  2. ça favorise grandement l’engagement des apprenants
  3. il y a un ancrage des connaissances qui semble être beaucoup plus efficace

Les inconvénients :

  1. c’est très technique et ça demande beaucoup, beaucoup d’organisation
  2. ça demande beaucoup d’énergie au niveau de l’animation des sessions, il faut toujours garder le rythme
  3. il faut pouvoir lâcher prise et savoir sous-tirer des informations précieuses de la part des apprenants

T : l’apprentissage par les pairs, selon toi, devrait-il remplacer une forme de pédagogie plus classique type lecturing ?

D : Non je ne pense pas, je dirais plutôt que ça devrait être complémentaire. On peut dire ce qu’on veut, le lecturing reste une méthode qui peut être très, très efficace !

T : Parlons un peu des MOOCs. Je ne sais si tu as pu voir un peu les discussions à ce sujet en ce moment, mais globalement on se demande si les MOOCs sont une promesse ratée, un succès … Qu’est-ce que tu en penses ?

D : Les MOOCs sont une innovation parmis d’autres. Pour moi ça apporte de l’accessibilité, mais ça ne change pas en soit la pédagogie de cours. Le taux moyen de complétion n’est pas terrible, autour de 13%. Enfin, généralement, les MOOCs sont très efficaces mais seulement pour une minorité de personnes qui sont généralement les plus “éduqués”. Donc oui, c’est une excellente innovation mais qui doit rester complémentaire d’une stratégie pédagogique plus globale.

T : Es-tu au courant d’autres utilisation du Peer Learning, de constats sur son efficacité, autre part ?

D : Oui ! Il faut savoir que cette pédagogie n’est pas nouvelle. La première, il me semble, c’est la classe mutuelle. Ce type de classe permettaint aux enfants d’apprendre à lire et à écrire en moins de 3 ans versus 5 ans pour les classes traditionnelles. Mais pour des raisons idéologiques cette méthode a été abandonnée, notamment parce qu’elle remettait en question la place et l’autorité de l’enseignant. Aujourd’hui certains pédagogues remettent la classe mutuelle au goût du jour comme Vincent Faillet.

T : Tu pourrais nous parler d’une success story qui t’as marqué avec We Are Peers ?

D : Oui ! Déjà il faut savoir que chaque succès est le résultat d’un travail collectif. Maintenant pour moi une success story ce serait celle du cours qu’on a créée à l’EM Lyon Business school, qui est toujours en cours. Il est auto-géré par les étudiants et transmis entre eux, c’est à dire que les étudiants d’une session deviennent les facilitateurs, les animateurs de la suivante. Certains étudiants sont même devenus facilitateurs de session de Peer Learning en entreprise. Ça a été leur stage voire leur premier emploi ! Je pense notamment à l’un d’entre eux qui est devenu facilitateur à mi-temps dans une entreprise dont il était actionnaire minoritaire bien qu’encore étudiant. Il a animé des sessions comptant plus de 50 personnes, ce qui lui a clairement offert la possibilité lui-même d’apprendre et d’illustrer proactivement ses compétences, c’est un exemple d’empowerment ! Au-delà de ça, il a aussi accompagné d’autres cours à l’EM Lyon …

De plus en plus d’écoles de commerce tentent l’expérience We Are Peers, comme Rennes business school ou plus récemment Grenoble École de Management sur une thématique géopolitique.

We Are Peers est une figure de proue de l’Edtech et de la transformation pédagogique et l’on vous conseille vivement de jeter un oeil à leurs exploits !

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