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21 octobre 2019

Une mobilité étudiante plus écologique ?

Une mobilité étudiante plus écologique ?

Nous parlions dans un précédent article de la responsabilité et du rôle de l’enseignement supérieur face au défi écologique. Nous lancions alors une série dédiée à l’analyse d’actions concrètes que pourraient prendre les établissements du supérieur afin de respecter leurs engagements en terme de préparation aux questions environnementales.

Aujourd’hui j’hésite entre deux sortes d’actions concrètes. La première serait tout simplement parler de ce qui a été annoncé, c’est à dire les contenus de cours. Des créations de programmes d’études dédiés aux questions environnementales ou bien une réforme de fond des programmes d’études déjà existants. La seconde sorte serait de discuter la mobilité étudiante et agir pour la rendre plus écologique et plus bénéfique pour les apprenants.

Je parlerais ici de la seconde. Pourquoi ? Je ne sais pas trop. Disons qu’avant d’être en cours, les étudiants doivent s’y rendre. D’où le sujet de mobilité. D’où le sujet du jour. C’est parti !

Constat de la mobilité étudiante aujourd’hui

Pour ce constat, basons-nous sur l’étude d’octobre 2016 de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France (Territoires de la Vie Étudiante en Île de France). Tout d’abord, selon cette étude, c’est Paris et le Sud Ouest de l’Île de France qui regroupent le plus grand nombre d’étudiants (respectivement 30% et 33% des étudiants) avec plus de 645 000 étudiants de moins de 30 ans. En comparaison, Lyon est la deuxième ville étudiante de France avec plus de 155 000 étudiants de moins de 30 ans. Dans cet article, nous nous baserons uniquement sur le modèle francilien pour une question de population. Les questions géographiques et urbaines, par exemple, ne seront donc pas adaptables aux autres régions françaises. Sorry 🙁 .

Tout d’abord, il faut savoir qu’environ 60% des étudiants franciliens vivent chez leurs parents. Si à Paris le chiffre tombe à 35%, c’est aussi dû aux étudiants franciliens venant d’autres régions, qui vivent, eux, en majorité en logement individuel. Si on compte en plus les logements universitaires, le CROUS et autres résidences étudiantes privées, on atteint 75,000 logements étudiants dans la région parisienne. C’est bien, le nombre grossit, mais cela reste insuffisant par rapport aux 645 000 étudiants en Île de France. Ces chiffres offrent une première observation : habiter et étudier de manière libre et indépendante en région parisienne, plus grande agglomération française, est très compliqué.

Vient la question du temps de déplacement quotidien domicile-lieu d’étude. Selon l’étude, 1 étudiant sur 5 passe environ une heure dans les transports pour se rendre à l’université ou à l’école. Cela fait en moyenne deux heures et plus passées dans les transports par jour. En contrepartie, les étudiants d’autres régions françaises y passent en moyenne moins de trente minutes.

Les répercutions

Les répercutions directes au respect de l’environnement existent : environ 26% des étudiants se rendent à l’université ou à l’école en véhicule et seuls. Néanmoins, une très grande majorité des étudiants franciliens sont utilisateurs quotidiens des transports en commun. Super ! Donc pourquoi poser la question de l’impact ? En fait, la mobilité étudiante influe énormément sur la capacité des établissements du supérieur à réussir leurs engagements, à prendre en main leur responsabilité face au défi énergétique, climatique et environnemental. Comment cela ? Je m’explique.

En premier lieu, le temps du transport, avoisinant les 2 heures par jour est long et peut avoir de sérieux effets très néfastes sur la réussite académique des apprenants, c’est ce qu’explique Olivier Klein, chercheur spécialiste des transports à l’université de Lyon. La cause ? Le désengagement puis l’abandon. Considérez ceci, l’engagement à une formation dans tous les domaines aux questions environnementales, est un virage à 180 pour les directions du supérieur. Sans engagement et motivation de la part des étudiants, les résultats ne suivront pas. Pour aborder des questions aussi cruciales et qui ne font peut être pas encore sens pour une partie la population étudiante, il vaut mieux les avoir en bonne santé intellectuelle et physique. Passer plus d’une heure et demie par jour dans des transports ça n’aide pas.

L’engagement étudiant est à la base de la réussite du supérieur dans l’accomplissement de ses objectifs. Seuls 10% des étudiants sont relativement engagés dans la vie associative de leur université. Un tiers de ceux qui n’en font pas partie aimeraient s’engager au moins un peu mais n’a simplement pas le temps, les transports étant difficiles d’accès, souvent problématiques. Une vie associative active c’est optimiser et multiplier les idées et les possibilités pour atteindre des objectifs acceptables en terme de responsabilité environnementale.

Des étudiants désengagés de leur université rend même difficile un simple projet comme celui proposé par The Shift Project, le think tank spécialisé dans les questions environnementales, énergétiques et écologiques, qui est celui du bilan carbone pour chaque étudiant et pour l’établissement en général.

En conclusion, des impacts écologiques directs il y en a ! Et nous allons voir comment remédier à ce problème. Cependant, le plus inquiétant sont les effets indirects liés à la mobilité. Les deux exemples que nous avons donné ne sont pas les seuls effets d’un mobilité rendue difficile. Dans tous les cas, c’est la capacité d’un établissement tout entier à accomplir ses objectifs de responsabilité écologique qui est mise en jeu par une mauvaise organisation de la mobilité étudiante.

Quelles solutions ? Quelles alternatives ?

Dans cette partie, nous ne prendrons pas en compte les possibilités ce qui ne relève pas de l’enseignement supérieur. Voilà, c’était simplement pour vous avertir car autrement la liste de solutions serait bien trop exhaustive. Entrons dans les détails. Vous verrez que les solutions relevant du supérieur sont parfois bien plus complexes qu’il ne semble.

  1. S’affranchir des classements internationaux
    Les classements internationaux sont à la base d’une normalisation internationale du modèle d’université. Basés sur des standards invariables, ils rendent difficiles la condition des enseignants-chercheurs et influencent indirectement la priorisation des actions d’une école ou d’une université. « Les classements sont le vrai problème, » explique Clémence Vorreux, gestionnaire de projet et des affaires publiques chez The Shift Project. « J’ai déjà essayé de contacter ces classements tels que Challenge afin de savoir pourquoi ils ne prenaient pas en compte les facteurs écologiques et d’adaptation des programmes d’étude aux questions environnementales et énergétiques. Leur réponse : ça n’est pas nos affaires, nous ne sommes pas qualifiés pour cela. »

    S’affranchir de ces classements, c’est mettre en place une boucle de rétroaction. C’est prendre le contrôle de son agenda décisionnaire, c’est se reposer sur des certifications nationales ou internationales plus claires. C’est aussi éviter un effet « magnet » où une université ou école attire le plus d’étudiants en raison de son classement, ce qui mène à l’abandon progressif d’universités en dehors de la capitale ou des grandes villes, des universités et écoles spécialisées. C’est donc aussi freiner l’exode étudiant vers des zones citadines difficiles à vivre en raison du prix de l’immobilier, comme Paris. C’est beaucoup, beaucoup de changements positifs.
  2. Éviter les centralisations et création de « super campus »
    Paris Saclay est clairement l’exemple le plus parlant dans ce cas là. On a la création d’un super campus regroupant plusieurs grands pôles universitaires dans le Nord de Paris, jouant alors le rôle de symbole du Grand Paris alors que ce projet n’est même pas garantit de fonctionner dans les temps. Il y a un bon côté derrière Paris Saclay, ce n’est pas cher et on a l’occasion de construire un écosystème favorisant la création d’un nouveau quartier, d’une nouvelle ville lumière et intellectuelle. Effectivement, Paris-Saclay ferait déjà partie des complexes technologiques les plus reconnus dans le monde et serait aussi appelée la Silicon Valley parisienne.

    C’est surtout un point fort pour l’immobilier, le complexe accélérant des constructions de logements rapide. Le problème c’est qu’au moindre soucis d’aménagement, qui font bon train aujourd’hui dans ce genre de « nouveaux quartier », c’est un abandon massif de la zone qui s’effectue, la création d’une ville fantôme. À voir, dans tout les cas, éviter la création de super campus permet une meilleure répartition des écoles et universités spécialisées comme générales à travers les régions. Niveau transport, centraliser les lieux d’étude, massivement fréquentés, c’est foutre en l’air l’idée d’un flux régulier des voyageurs dans les transports et créer des « bottlenecks » massifs ! Un retour des écoles dans les coeurs de ville semble plus efficace.
  3. Rendre flexible les études
    La flexibilité est une question très importante dans ce débat. Éviter des cours trop tôt le matin ou trop tard l’après-midi, arrêter de développer une atmosphère de compétition autour des examens qui amplifie le stress des étudiants en plus des transports. Opter pour des pédagogies telles que la classe inversée ou les MOOCs peut aussi être très utile. Privilégier les travaux de groupe peut aussi beaucoup aider dans le sens où collectiviser la recherche et les actions engage sensiblement un individu dans un collectif … et peut faciliter la motivation à se lever le matin pour une heure de transports.

En conclusion, il existe beaucoup de solutions pouvant aider à remédier au problème de mobilité. En plus de ce que nous avons proposé, on peut parler de promotion du covoiturage entre étudiants, de mise en place de navettes régulières ou de grandement faciliter le déplacement à vélo en investissant dans des espaces de garage sécurisés.

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CPF 2026 : ce qui change vraiment pour les certifications RS

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CPF 2026 : que change le plafonnement pour les certifications RS ? Une réforme budgétaire qui change la certification et le financement Une réforme peut sembler budgétaire.En réalité, elle peut changer durablement qui décide. En janvier 2026, le compte personnel de formation (CPF) entre dans une phase plus contrainte, avec deux signaux forts : le plafonnement de certaines certifications du Répertoire spécifique (RS) et le recentrage de l’usage du permis B. Si vous êtes organisme certificateur, l’enjeu dépasse largement la question du financement. Ce tournant du CPF marque un changement de gouvernance. Avec les plafonds et le cofinancement, la valeur des formations certifiantes, ne se joue plus seulement sur leur attractivité, mais sur leur capacité à produire des preuves solides et à tenir face aux contrôles. Faire le point sur les évolutions du CPF entre 2025 et 2026 Le cap est clair.Les règles, beaucoup moins. 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