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Aujourd'hui, si vous ne faites pas partie du secteur de l'Enseignement supérieur, comment savoir si une université ou une école de commerce est intéressante ou correspond aux attentes ?

Généralement, on regarde les classements. Ok, vous pouvez aussi poser des questions autour de vous : qui est allé où et quelle expérience en retire t-on. Mais les classements restent un réflexe. Cependant, ceux-ci posent un certain nombre de problèmes.

L'enseignement et la pédagogie ne sont pas suffisamment représentés dans les calculs

Selon les classements et sachant que seuls trois classements sont considérés comme présentant un intérêt international (THE, QS et Shanghai), la qualité de l’enseignement et de l’innovation pédagogique compte pour plus ou moins 30% de la note globale d’une université.

C'est problématique parce que:

  • Aujourd'hui, l'innovation pédagogique dans l'enseignement supérieur est devenue le facteur le plus important du succès des étudiants, et non de la recherche. Or, prouver que vous avez une bonne qualité d’enseignement signifie que les étudiants qui deviendront des chercheurs auront de meilleurs antécédents pour leurs projets.
  • Les classements poussent les universités à investir massivement dans le recrutement de professeurs poursuivant des recherches “à la mode” sans nécessairement faire preuve de pédagogie efficace. Pire encore, ils poussent les professeurs titulaires et non titulaires à produire et publier un nombre toujours croissant d'articles, de recherches, etc. En exerçant une telle pression sur les professeurs, c’est du temps perdu pour le contact avec les étudiants et le développement de nouvelles pédagogies. Finalement, cela revient à des étudiants moins qualifiés et un skills gap grandissant.

Trop d'étudiants, trop peu d'universités

Selon l’UNESCO, en 2030, plus de 400 millions d’étudiants entreront dans les universités, contre moins de 99 millions en 2000, ce qui représente une augmentation de plus de 400%.

Le problème est que cela signifie que nous avons de plus en plus d’universités à ouvrir ou de nouvelles façons de gérer autant d’étudiants. Les classements universitaires sont un symbole de l'élitisme. En règle générale, personne na va chercher plus loin que les 150 premières universités classées dans la liste et la plupart du temps, elles proviennent toutes de pays développés (principalement les États-Unis, la Chine et le Royaume-Uni).

Sachant que la plupart des jeunes générations viennent d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Amérique du Sud ou d’Asie, ces classements n’aident pas les institutions existantes sur ces continents, même si nombre d’entre elles sont incroyablement innovantes ou offrent des programmes d’apprentissage efficaces. Cela pousse ces universités de “seconde zone” à adopter des mesures élitistes pour tenter de ressembler aux universités “d’élite”.

Cela ne donne pas une réelle opportunité aux étudiants d’envisager un avenir qu’ils aimeraient atteindre dans le cas où, par exemple, ils n’ont pas les moyens de se rendre dans des institutions américaines coûteuses ou s’ils ne veulent tout simplement pas voyager avec des milliers de kilomètres pour étudier à l'étranger.

Les classements, tels qu’ils sont, proposent un avenir sombre. Avec la croissance de la population dans les universités, cela signifie-t-il que certains vont devoir étudier en ligne, via des MOOC peu engageants, tandis que les plus riches et les plus chanceux auront la chance d'accéder physiquement aux «meilleurs» campus ? Ce ne devrait pas être comme ça.

Ces classements ne sont pas attrayants pour les étudiants

« Je serais curieux de savoir si un étudiant trouve que son université est bonne selon son classement », a déclaré Victor Wacrenier, CEO et cofondateur de Appscho, l’application de campus management. Il est vrai que les étudiants considèrent ces classements comme essentiels dans le processus de prise de décision, selon un sondage de QS, 70% l'ont dit. Mais la raison principale est que les classements semblent être des indicateurs de l'employabilité. Ça reste élitiste.

Selon cette enquête, les étudiants ont besoin de plus de metrics pour mieux comprendre quelle université peut être la meilleure réponse à leurs attentes. Aujourd’hui, on observe une révision des valeurs des universités. « On voit qu’il y a un virage, pris par les écoles, vers les soft skills et l’apprentissage tout au long de la vie », explique Patrice Houdayer, vice-doyen et Directeur des programmes, de l’internationale et de la vie étudiante à Skema Business School.

Les classements doivent donc s'adapter à ces nouvelles valeurs et proposer des méthodes de classification appropriées à une nouvelle génération d'apprenants ayant des attentes complètement différentes de leur expérience dans les universités et après.

En conclusion, plutôt que de dépenser des sommes phénoménales afin d’améliorer leur position dans les classement, les universités devraient adopter une stratégie plus « inbound » et investir plus dans la pédagogie et l'expérience de campus. Naturellement, leurs étudiants s’occuperont eux-même de la réputation de l’école. Oui, ces classements sont nécessaires et peuvent beaucoup aider les futurs étudiants, mais ils doivent davantage prendre en compte des variables telles que des normes écologiques, des normes pédagogiques, des normes d'innovation ou des normes d'expérience sur le campus. Les accréditations internationales le font déjà, il n’y a qu’à suivre le mouvement !