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Le 13 mars 2019, Svetlana Meyer, la responsable scientifique de Didask publiait Efficacité pédagogique #2 : Gare aux mauvaises interprétations. D’abord, nous vous recommandons sa lecture et même la lecture de leur blog DisDonc Didask.

Mais un terme a particulièrement attiré notre attention. Le test de positionnement. Ni une ni deux, nous les avons accueillis dans le cadre de notre podcast session WeTestEd, notamment pour en savoir plus à ce sujet.

Alors déjà qu’est-ce qu’un test de positionnement ? Simplement, c’est un test diagnostique que l’on fournit à l’apprenant avant et après un cycle d’apprentissage. Le but est donc de savoir quel est le point départ de chaque apprenant avant d’entrer dans la phase d’apprentissage et son point d’arrivée post phase.

Jusque là tout va bien, ce genre de test semble être extrêmement utile et adapté à une pédagogie que l’on pourrait qualifier “d’agile”, ou comparable à l’Innovation Classroom de Don Wettrick.

Cependant, il semble que ce test soit généralement, et étrangement, délaissé par la communauté des formateurs. Pourquoi ?

“Dans ce genre d’entité, les formateurs ont deux grands objectifs : d’une part il y a l’efficacité pédagogique et d’autre part l’engagement. Leur crainte est que le test de positionnement soit perçu par les apprenants comme un contexte d’évaluation des performances.” explique Svetlana Meyer.

“Or selon nous ce n’est pas le test de positionnement qui va déclencher ce sentiment de se sentir évalué, c’est plutôt le contexte dans lequel il est donné ; les formateurs face à l’apprenant et le langage utilisé qui peut être le déclencheur. Si ce test est considéré comme un simple diagnostic, l’apprenant ne se sentira jamais menacé,” ajoute Svetlana Meyer.

C’est dommage ! Surtout que ce type de test a de gros avantages. D’abord, il permet de baliser précisément l’apprentissage de chacun et ce pour deux raisons :

  • tout d’abord ce test demande un effort cognitif à l’apprenant qui va devoir mobiliser des connaissances qui sont potentiellement existantes chez eux et qui va donc renforcer la trace en mémoire associée à ces connaissances là
  • ensuite c’est ce qu’on appelle l’illusion de maîtrise. Tant que l’on a pas testé ses connaissances, on peut avoir l’impression d’être “super fort” sur un sujet alors que ce n’est que quand on sera confronté à une situation où l’on va devoir mobiliser ses connaissances que l’on comprendra que ce n’est pas tellement le cas. Là le test de positionnement peut permettre de clarifier les acquis pour les formateurs mais aussi, et surtout, pour l’apprenant

Le test de positionnement est donc un modèle d’évaluation avec lequel les formateurs et enseignants devraient se réconcilier car ses apports à l’apprentissage semblent être plus que bénéfiques !

La leçon à retenir, pour ce test comme pour tout autre type d’évaluation d’un apprenant (qu’il soit professionnel ou étudiant), c’est qu’il est primordial de travailler le contexte plus que le format de l’évaluation.

Un détail peut faire la différence. “Quand on regarde la note par exemple. On voit beaucoup de débats sur les notes, sur les formes qu’elles devraient avoir : est-ce qu’il faut mettre un chiffre, une couleur, une appréciation etc. Alors que ce qui compte c’est son contexte. Si le contexte dans laquelle arrive une note est compétitif, alors l’étudiant le ressentira et s’y adaptera” explique Svetlana.

“L’étudiant adoptera lui-même une posture compétitive par rapport aux autres. Il sentira sa valeur jugée et ressentira le besoin de se protéger des mauvais jugements. Donc toute son attention sera captée par ce besoin de protection contre les jugements plutôt que sur son apprentissage,” ajoute Svetlana Meyer.

Il y a là matière à réflexion quand on sait que le stress des notes et des examens est très développé chez les étudiants, notamment dans l’Enseignement supérieur, et qu’il est une des sources de déficit de compétences.