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“85% des emplois en 2030 n’existent toujours pas aujourd’hui.” Vous avez certainement déjà lu ce genre de déclaration quelque part. C’est à ce sujet que j’ai demandé à Patrice Houdayer, Directeur des programmes, de l’international et de la vie étudiante de SKEMA, de s’exprimer.

Il faut dire que ces déclarations ont, dans certains cas, données suite à de vives critiques du système d’apprentissage de l’Enseignement supérieur.Chez TestWe, nous avons nous-même étudié ce qu’on appelle le digital skills gap, qui existe bel et bien mais sans pour autant en être la faute, à 100%, de l’Enseignement sup’.

L’effet buzz de ce type d’article semble avoir poussé les individus à les partager sans jamais prêter attention à l’étude originelle. “C’est tellement gros et c’est l’exemple même de la perte d’esprit critique.”

Quelle transformation du marché du travail et de l’apprentissage ?


Selon Patrice Houdayer, une telle transformation du marché du travail n’est pas un état de fait, encore plus lorsqu’on parle d’une date aussi proche que celle de 2030. "Oui, des transformations s’effectuent. Les jeunes travailleurs et les futurs entrants sur le marché du travail voient leur carrière d’une tout autre manière, cela ne veut pas dire qu’une majorité d’emplois actifs aujourd’hui disparaîtront,” reprend-il.

Le Directeur des programmes de SKEMA pose le doigt sur des transformations bien réelles. Alors que les générations précédentes favorisaient la rémunération dans leur choix d’emplois ; aujourd’hui, de plus en plus préfèrent se diriger vers des organisations qui correspondent à leurs valeurs et qui respectent une éthique irréprochable.

“Chercher le changement pour le changement n’a rien de gratifiant et de positif. Aujourd’hui, dans nos écoles, on cherche plutôt à favoriser le lifelong learning (apprentissage tout au long de la vie) chez nos apprenants, c’est ce qui compte.” Pour le reste, adviendra ce qu’il adviendra, on ne peut pas tout prédire.

Selon M. Houdayer, cela ne veut pas non plus dire qu’il ne faut pas se poser de questions. Il existe un skills gap, à un certain degré, et il faut se demander quelles compétences, aujourd’hui absentes des programmes d’apprentissage, doivent être développées. Là on peut parler. “De la même manière, il faut interroger les tendances pour en déterminer les conséquences et les actions à prendre,” affirme t-il.

Les soft skills chez SKEMA


À SKEMA, par exemple, on retrouve deux compétences qui sortent au-dessus du lot : l’esprit critique et le sens de contribution. On met le paquet sur les soft skills ? D’une certaine manière oui selon Patrice Houdayer.

“Les apprenants apprennent plus de leurs expériences et ce sont ces expériences qui pourront les aider à forger leur cheminement professionnel, qu’ils soient entrepreneurs, freelances, employés, ou d’un statut professionnel d’une tout autre forme”.

L’école investit beaucoup dans le développement de ces compétences en multipliant des conférences et programmes centrées sur des problèmes géopolitiques, environnementaux et socioéconomiques actuels. En développant un apprentissage plus profond de la géopolitique mais aussi en multipliant les options d’apprentissage et d’expériences à l’international via des échanges ou des Learning Expeditions.

“Aujourd’hui, c’est presque 40% des jeunes qui effectuent des études ou qui travaillent à l’étranger et il ne faut pas s’étonner si ce chiffre grimpe à plus de 50% dans les prochaines années ; favoriser l’apprentissage à l’international est donc prioritaire,” affirme Patrice Houdayer, “de plus c’est enrichissant ! On apprend ni ne travaille pas de la même façon au Brésil, en Chine ou en France et ça, ça forge la flexibilité et la capacité d’adaptation.”

Digital et compétences transdisciplinaires


“L’IA … Bon parlons plutôt d’automation ou de support à la décision, l’IA étant bien loin d’atteindre les capacités qu’on lui vante d’avoir, a ses impacts.”

“Lorsque je parle à des consultants, leur réponse est claire : en plus de l’éthique et de la compliance, nous devons impérativement former des étudiants sur la compréhension et l’utilisation de l’Intelligence artificielle et ses dérivées.”

“D’ailleurs, reprend t-il, cette nécessité touche tous les secteurs de la formation, de l’université publique au privé, de la médecine au commerce. Désormais nous devons mettre l’emphase sur l’acquisition de compétences transdisciplinaires !” Selon lui, l’Enseignement supérieur est sur la bonne voie sur cet angle. De plus en plus de bi-diplômes, de coopération inter-institutions et de nouvelles formes de diplômes sont en mesure d’offrir aux apprenants l’opportunité de se sortir d’un silo d’apprentissage et d’ouvrir leur regard sur le monde. Compréhension et contribution sont les maîtres mots !



Quelle responsabilité des écoles de commerce dans l’enjeux climatique et de la biodiversité ?


Une question peu posée finalement, mais pour le Directeur des programmes de SKEMA, elle est cruciale et le rôle des écoles est de premier plan. “Tout d’abord il faut savoir que nos écoles ne polluent pas et ont toujours été fortement axées sur la prise de conscience de la responsabilité sociétale et environnementale,” débute t-il, “et parce que le temps presse, nous nous devons d’inculquer la responsabilité individuelle et collective des apprenants dans leur devoir et contribution à l’effort de transition.”

“Tout cela, reprend-il, se fait aussi par un partage de connaissance international des jeunes apprenants. C’est la raison pour laquelle SKEMA est au Brésil ou en Afrique. Ces jeunes doivent communiquer et travailler directement ensemble !”

SKEMA soutient directement et intensément les innovations sociales et environnementales, les changements d’habitudes, les prises de conscience et la cause environnementale tout simplement.

“Cette cause ne vient pas de nous, elle vient directement des apprenants. Encore plus jeunes qu’eux, les lycéens aussi qui sont à la base des récentes manifestations, montrent la voie à suivre, nous devons les soutenir, et d’ailleurs nous soutenons et comprenons leur cause. Moi j’y crois personnellement !” affirme M. Houdayer.



Le message de fin


“Conservons un élément d’interrogation, ne perdons pas notre esprit critique, cherchons l’ouverture d’esprit.”