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Rémy Challe, Edtech, Enseignement supérieur : un réel changement ?
Écoutez l'épisode sur cette page !

Cette semaine on discute avec Rémy Challe, le Directeur Général d'Edtech France, la nouvelle association regroupant de plus en plus de startups de l'Edtech française.

Au menu, l'état de l'Edtech en France et ailleurs, ses problèmes et ses opportunités pour la suite. L'Edtech a t-elle réellement réussie à changer pour le mieux l'Enseignement supérieur ? Quels problèmes inhérents à l'Éducation font-ils obstacle à l’innovation pédagogique ?

Beaucoup de questions auxquelles Rémy a pu nous donner son analyse.

(Si vous n’avez pas le temps d’écouter le podcast en entier, vous pouvez passer de chapitre en chapitre sur le lecteur)

Voici quelques extraits de notre conversation.

TestWe : Où en est l’Edtech en France ?

Rémy Challe : On est au début de quelques chose là. Il y a 6 mois je ne savais pas vraiment ce que c’était pour diverses raisons. Mais il y a clairement une courbe de croissance qui se dessine. Maintenant, bien que cette courbe croissance soit à deux chiffres en France, quand on regarde les investissements massifs qu’il y a en Inde, en Chine et aux États-Unis, en France on reste encore loin.

La France est un pays d’éducation et il faut que nous puissions soutenir beaucoup plus nos entrepreneurs et pas simplement les envoyer au CES de Las Vegas, sinon dans quelques années, les outils que nous utiliserons seront chinois, indiens , américains etc. Ça ne veut pas dire qu’elles sont mauvaises, elles sont juste, je pense, moins adaptées à un système de valeurs de l’éducation française. L’Edtech française devient presque une question de souveraineté !



T : C’est quoi le système de valeur français ? Qu’est-ce qu’on revendique ?

R.C : Il y a une forme d’universalisme, la France c’est aussi le pays des Droits de l’Homme. De manière très pragmatique on a la protection des données, elle n’est pas connue de la même manière en France, en Chine, en Inde etc.

Et ça nous devons le revendiquer, nous devons protéger ces valeurs et les promouvoir en France. Il m’arrive parfois de rencontrer des entrepreneurs de l’Edtech français qui font 100% de leur chiffre d’affaire à l’étranger. Alors c’est bien, cela veut dire qu’ils s’exportent facilement et que la “French touch” a du succès, mais c’est triste en même temps parce que cela veut dire qu’ils n’arrivent pas à proposer leur solution dans leur propre pays, et ce n’est pas normal.



T : Quel est le sentiment des acteurs de l’Éducation par rapport aux outils Edtech ?

R.C : (rires) Eh bien, il y a des sentiments divers et variés. Déjà ici je ne parlerais pas de la formation continue, parce que l’Edtech est accepté largement et parce qu’il y a moins de dogmes. On est face à des acteurs qui sont des entreprises qui vivent des périodes de transformations numériques importantes ; et dans tout ça l’Edtech est déjà considéré comme une solution dont il faut s’armer pour former tous les membres d’une entreprise.

Quand on parle du scolaire en France (c’est à dire du K12) là c’est complexe, parce qu’il y a un marché qui est un marché public. En France ce ne sont pas les professeurs qui achètent par exemple, ce qui n’est pas le cas en Chine. Et même s’ils veulent acheter une solution innovante et pertinente pour répondre à leurs besoins pédagogiques et à ceux de leurs étudiants, ce n’est pas eux qui vont les payer.

Vous voulez vendre à une école primaire, il faut s’adresser à la commune, vous voulez vendre à un collège il faut s’adresser au département et pour un lycée il faut s’adresser à la région. Et puis celui qui décide ce n’est pas celui qui paye, celui qui paye n’est peut être pas celui qui va utiliser, et il paye peut être pour qu’au final quelqu’un d’autre utilise la solution, donc vous voyez c’est un peu cauchemardesque.

Et puis il y a plus de dogme. D’abord, il y a celui selon lequel l’éducation est gratuite alors qu’il y a toujours quelqu’un qui paye en fin de compte, puis il y a toujours une méfiance envers les acteurs du secteur privé. Il y a souvent cette vision des entrepreneurs comme des requins de la finance alors que c’est loin d’être le cas. Dans l’Edtech on retrouve quasiment exclusivement des entrepreneurs passionnés de l’Éducation ou des personnes issues du monde l’Éducation qui cherchent à résoudre de réels problèmes. Quoi qu’il arrive, on ne va sur ce secteur là par appât du gain.

Enfin il y a ce troisième silo qui est celui de l’Enseignement supérieur. Ici on retrouve des acteurs privés, des acteurs publics. Globalement, dans l’Enseignement supérieur il y a eu une prise de conscience générale que l’Edtech pouvait grandement aider. Cette prise de position s’explique par plusieurs facteurs. Il y a d’abord une appétence pour l’innovation, il y a un climat de compétition qui pousse les institutions à innover.

Et puis il y a ces jeunes de 20 ans, qui utilisent leur smartphone jusque pendant leurs cours. Alors là la question n’est pas de savoir comment interdire ces outils mais plutôt “l’apprenant que j’ai face à moi n’est pas le même qu’il y a vingt ans, il faut donc que je m’adapte.” Il y a donc un changement de posture qui est prévu mais qui est aussi inévitable.

Alors on passe d’une époque où le professeur était le seul détenteur du savoir à une époque où le savoir est partout et il faut simplement savoir comment avoir accès aux informations pertinentes, il faut donc apprendre à apprendre et le professeur joue un rôle déterminant là dessus. Le professeur doit devenir … bon je n’ai pas envie de dire un coach, on va dire un accompagnateur.



TW : Que penses-tu de l’autonomie des professeurs ?

R.C : Il y a des programmes que l’enseignant doit suivre c’est clair mais après il y a quand même une liberté pédagogique et il faut que cette liberté existe, qu’on puisse choisir ses propres méthodes, ses propres manuels etc.



TW : À la façon finlandaise ? C’est à dire qu’en Finlande les enseignants disposent d’une totale autonomie ...

R.C : Alors on en est pas là mais d’ailleurs je ne pense même pas que l’on devrait répliquer ce modèle en France. La Finlande c’est la Finlande, et puis c’est un pays plus petit, les échelles sont différentes, les traditions sont différentes. En revanche en France il existe quand même une liberté pédagogique. Le problème c’est qu’elle n’est pas du tout étendue aux solutions innovantes. Parce que souvent il n’y a pas de moyens pour en acheter. Alors peut être faudrait-il donner plus de libertés aux enseignants quant à leur pédagogie, leurs méthodes …

Sur l’Enseignement supérieur, là il y a plus de libertés ! Dans l’élaboration des programmes, le choix des méthodes … c’est pour ça que c’est un espace qui m’intéresse et qui peut peut être par capilarité, diffuser cette liberté pédagogique au K-12.

Alors oui il y a une résistance au changement, mais comme je l’ai dit tout à l’heure, la prise de conscience est déjà là.



T.W : Sortons de la classe et parlons de l’Éducation dans globalité et plus structurellement. Il y a une crise de l’Higher Ed qui se profile à l’horizon, notamment aux US, au UK. Une crise financière mais aussi une crise de la connaissance via le phénomène du skills gap. Tu en penses quoi ?

R.C : Alors déjà la situation en France est pas tout à fait comparable à la situation anglo-saxonne. D’abord parce que l’enseignement est “gratuit” à l’université par exemple.



TW : D’un autre côté il y a aussi de plus en plus d’étudiants qui vont dans le privé, comme les écoles de commerce

R.C : C’est vrai, il y a ces écoles de commerce, de communication, d’ingénieurs où les frais sont relativement élevés. Pour être clair, le coût d’un étudiant à l’université (à peut près 13 000 euros) est à peu près le même que celui d’un étudiant en école de management.

Alors pour l’université c’est la collectivité qui paye et c’est formidable, et dans les grandes écoles de management ce sont les apprenants qui payent et c’est pas bête non plus. Alors oui il y a un endettement des apprenants mais qui reste très loin des cas américains ou britanniques, donc la crise qu’on peut voir dans ces régions n’existe pas en France …



TW : Mais est-ce qu’elle peut exister ?

R.C : C’est un fait, les frais de scolarité ont augmenté de manière importante dans les écoles de management ces dix dernières années, ils ont quasiment doublés. Et oui pour débuter dans la vie ça peut être un boulet au pied. Maintenant il existe des tas de dispositifs de soutien et des dispositifs alternatifs comme l’apprentissage où ce sont les entreprises qui payent pour les étudiants qui sont en plus payés entre 1 000 et jusqu’à 2 000 euros net par mois !

Il faut aussi ne pas tomber dans le cliché des grandes écoles comme endroits pour fils à papa ! On retrouve parfois plus de diversités dans les grandes écoles que dans certains amphi à l’université. Même dans les grandes écoles, on peut avoir accès à des bourses, on peut travailler à côté, on peut emprunter aux banques si besoin.

Alors c’est vrai que les frais augmentent mais je ne pense pas qu’ils peuvent encore monter très haut, contrairement à ce que d’autres pensent, ça ne me paraîtrait pas raisonnable de propose des écoles à 20 000 euros l’année.



T.W : Et le retour sur investissement reste positif ?

R.C : Oui il reste positif, maintenant … Il n’est plus exactement le même non plus. Plus on est de diplômés, moins notre diplôme a de la valeur d’une certaine manière. Donc les salaires à l’embauche sont sans doute moins performants qu’il y a 20 ans.

Mais je ne crois pas que la crise que tu sembles annoncer à raison arrivera en France. En revanche il y a des points de vigilance, il faut faire attention, l’éducation ce n’est pas une marchandise, en tout cas pas comme une autre, il ne faut pas tomber dans un travers comme ça peut se retrouver aux États-Unis ou ailleurs.


Vous pouvez écouter cet épisode en entier ou chapitre par chapitre via le lecteur en haut de page !

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Faut-il choisir son université en fonction de son classement ?
Aujourd'hui, si vous ne faites pas partie du secteur de l'Enseignement supérieur, comment savoir si une université ou une école de commerce est intéressante ou correspond aux attentes ?

Généralement, on regarde les classements. Ok, vous pouvez aussi poser des questions autour de vous : qui est allé où et quelle expérience en retire t-on. Mais les classements restent un réflexe. Cependant, ceux-ci posent un certain nombre de problèmes.

L'enseignement et la pédagogie ne sont pas suffisamment représentés dans les calculs

Selon les classements et sachant que seuls trois classements sont considérés comme présentant un intérêt international (THE, QS et Shanghai), la qualité de l’enseignement et de l’innovation pédagogique compte pour plus ou moins 30% de la note globale d’une université.

C'est problématique parce que:

  • Aujourd'hui, l'innovation pédagogique dans l'enseignement supérieur est devenue le facteur le plus important du succès des étudiants, et non de la recherche. Or, prouver que vous avez une bonne qualité d’enseignement signifie que les étudiants qui deviendront des chercheurs auront de meilleurs antécédents pour leurs projets.
  • Les classements poussent les universités à investir massivement dans le recrutement de professeurs poursuivant des recherches “à la mode” sans nécessairement faire preuve de pédagogie efficace. Pire encore, ils poussent les professeurs titulaires et non titulaires à produire et publier un nombre toujours croissant d'articles, de recherches, etc. En exerçant une telle pression sur les professeurs, c’est du temps perdu pour le contact avec les étudiants et le développement de nouvelles pédagogies. Finalement, cela revient à des étudiants moins qualifiés et un skills gap grandissant.

Trop d'étudiants, trop peu d'universités

Selon l’UNESCO, en 2030, plus de 400 millions d’étudiants entreront dans les universités, contre moins de 99 millions en 2000, ce qui représente une augmentation de plus de 400%.

Le problème est que cela signifie que nous avons de plus en plus d’universités à ouvrir ou de nouvelles façons de gérer autant d’étudiants. Les classements universitaires sont un symbole de l'élitisme. En règle générale, personne na va chercher plus loin que les 150 premières universités classées dans la liste et la plupart du temps, elles proviennent toutes de pays développés (principalement les États-Unis, la Chine et le Royaume-Uni).

Sachant que la plupart des jeunes générations viennent d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Amérique du Sud ou d’Asie, ces classements n’aident pas les institutions existantes sur ces continents, même si nombre d’entre elles sont incroyablement innovantes ou offrent des programmes d’apprentissage efficaces. Cela pousse ces universités de “seconde zone” à adopter des mesures élitistes pour tenter de ressembler aux universités “d’élite”.

Cela ne donne pas une réelle opportunité aux étudiants d’envisager un avenir qu’ils aimeraient atteindre dans le cas où, par exemple, ils n’ont pas les moyens de se rendre dans des institutions américaines coûteuses ou s’ils ne veulent tout simplement pas voyager avec des milliers de kilomètres pour étudier à l'étranger.

Les classements, tels qu’ils sont, proposent un avenir sombre. Avec la croissance de la population dans les universités, cela signifie-t-il que certains vont devoir étudier en ligne, via des MOOC peu engageants, tandis que les plus riches et les plus chanceux auront la chance d'accéder physiquement aux «meilleurs» campus ? Ce ne devrait pas être comme ça.

Ces classements ne sont pas attrayants pour les étudiants

« Je serais curieux de savoir si un étudiant trouve que son université est bonne selon son classement », a déclaré Victor Wacrenier, CEO et cofondateur de Appscho, l’application de campus management. Il est vrai que les étudiants considèrent ces classements comme essentiels dans le processus de prise de décision, selon un sondage de QS, 70% l'ont dit. Mais la raison principale est que les classements semblent être des indicateurs de l'employabilité. Ça reste élitiste.

Selon cette enquête, les étudiants ont besoin de plus de metrics pour mieux comprendre quelle université peut être la meilleure réponse à leurs attentes. Aujourd’hui, on observe une révision des valeurs des universités. « On voit qu’il y a un virage, pris par les écoles, vers les soft skills et l’apprentissage tout au long de la vie », explique Patrice Houdayer, vice-doyen et Directeur des programmes, de l’internationale et de la vie étudiante à Skema Business School.

Les classements doivent donc s'adapter à ces nouvelles valeurs et proposer des méthodes de classification appropriées à une nouvelle génération d'apprenants ayant des attentes complètement différentes de leur expérience dans les universités et après.

En conclusion, plutôt que de dépenser des sommes phénoménales afin d’améliorer leur position dans les classement, les universités devraient adopter une stratégie plus « inbound » et investir plus dans la pédagogie et l'expérience de campus. Naturellement, leurs étudiants s’occuperont eux-même de la réputation de l’école. Oui, ces classements sont nécessaires et peuvent beaucoup aider les futurs étudiants, mais ils doivent davantage prendre en compte des variables telles que des normes écologiques, des normes pédagogiques, des normes d'innovation ou des normes d'expérience sur le campus. Les accréditations internationales le font déjà, il n’y a qu’à suivre le mouvement !

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Enseignement supérieur : enjeux, transformations et objectifs

“85% des emplois en 2030 n’existent toujours pas aujourd’hui.” Vous avez certainement déjà lu
ce genre de déclaration quelque part. C’est à ce sujet que j’ai demandé à Patrice Houdayer, Directeur des programmes, de l’international et de la vie étudiante de SKEMA, de s’exprimer.

Il faut dire que ces déclarations ont, dans certains cas, données suite à de vives critiques du système d’apprentissage de l’Enseignement supérieur.Chez TestWe, nous avons nous-même étudié ce qu’on appelle le digital skills gap, qui existe bel et bien mais sans pour autant en être la faute, à 100%, de l’Enseignement sup’.

L’effet buzz de ce type d’article semble avoir poussé les individus à les partager sans jamais prêter attention à l’étude originelle. “C’est tellement gros et c’est l’exemple même de la perte d’esprit critique.”

Quelle transformation du marché du travail et de l’apprentissage ?


Selon Patrice Houdayer, une telle transformation du marché du travail n’est pas un état de fait, encore plus lorsqu’on parle d’une date aussi proche que celle de 2030. "Oui, des transformations s’effectuent. Les jeunes travailleurs et les futurs entrants sur le marché du travail voient leur carrière d’une tout autre manière, cela ne veut pas dire qu’une majorité d’emplois actifs aujourd’hui disparaîtront,” reprend-il.

Le Directeur des programmes de SKEMA pose le doigt sur des transformations bien réelles. Alors que les générations précédentes favorisaient la rémunération dans leur choix d’emplois ; aujourd’hui, de plus en plus préfèrent se diriger vers des organisations qui correspondent à leurs valeurs et qui respectent une éthique irréprochable.

“Chercher le changement pour le changement n’a rien de gratifiant et de positif. Aujourd’hui, dans nos écoles, on cherche plutôt à favoriser le lifelong learning (apprentissage tout au long de la vie) chez nos apprenants, c’est ce qui compte.” Pour le reste, adviendra ce qu’il adviendra, on ne peut pas tout prédire.

Selon M. Houdayer, cela ne veut pas non plus dire qu’il ne faut pas se poser de questions. Il existe un skills gap, à un certain degré, et il faut se demander quelles compétences, aujourd’hui absentes des programmes d’apprentissage, doivent être développées. Là on peut parler. “De la même manière, il faut interroger les tendances pour en déterminer les conséquences et les actions à prendre,” affirme t-il.

Les soft skills chez SKEMA


À SKEMA, par exemple, on retrouve deux compétences qui sortent au-dessus du lot : l’esprit critique et le sens de contribution. On met le paquet sur les soft skills ? D’une certaine manière oui selon Patrice Houdayer.

“Les apprenants apprennent plus de leurs expériences et ce sont ces expériences qui pourront les aider à forger leur cheminement professionnel, qu’ils soient entrepreneurs, freelances, employés, ou d’un statut professionnel d’une tout autre forme”.

L’école investit beaucoup dans le développement de ces compétences en multipliant des conférences et programmes centrées sur des problèmes géopolitiques, environnementaux et socioéconomiques actuels. En développant un apprentissage plus profond de la géopolitique mais aussi en multipliant les options d’apprentissage et d’expériences à l’international via des échanges ou des Learning Expeditions.

“Aujourd’hui, c’est presque 40% des jeunes qui effectuent des études ou qui travaillent à l’étranger et il ne faut pas s’étonner si ce chiffre grimpe à plus de 50% dans les prochaines années ; favoriser l’apprentissage à l’international est donc prioritaire,” affirme Patrice Houdayer, “de plus c’est enrichissant ! On apprend ni ne travaille pas de la même façon au Brésil, en Chine ou en France et ça, ça forge la flexibilité et la capacité d’adaptation.”

Digital et compétences transdisciplinaires


“L’IA … Bon parlons plutôt d’automation ou de support à la décision, l’IA étant bien loin d’atteindre les capacités qu’on lui vante d’avoir, a ses impacts.”

“Lorsque je parle à des consultants, leur réponse est claire : en plus de l’éthique et de la compliance, nous devons impérativement former des étudiants sur la compréhension et l’utilisation de l’Intelligence artificielle et ses dérivées.”

“D’ailleurs, reprend t-il, cette nécessité touche tous les secteurs de la formation, de l’université publique au privé, de la médecine au commerce. Désormais nous devons mettre l’emphase sur l’acquisition de compétences transdisciplinaires !” Selon lui, l’Enseignement supérieur est sur la bonne voie sur cet angle. De plus en plus de bi-diplômes, de coopération inter-institutions et de nouvelles formes de diplômes sont en mesure d’offrir aux apprenants l’opportunité de se sortir d’un silo d’apprentissage et d’ouvrir leur regard sur le monde. Compréhension et contribution sont les maîtres mots !



Quelle responsabilité des écoles de commerce dans l’enjeux climatique et de la biodiversité ?


Une question peu posée finalement, mais pour le Directeur des programmes de SKEMA, elle est cruciale et le rôle des écoles est de premier plan. “Tout d’abord il faut savoir que nos écoles ne polluent pas et ont toujours été fortement axées sur la prise de conscience de la responsabilité sociétale et environnementale,” débute t-il, “et parce que le temps presse, nous nous devons d’inculquer la responsabilité individuelle et collective des apprenants dans leur devoir et contribution à l’effort de transition.”

“Tout cela, reprend-il, se fait aussi par un partage de connaissance international des jeunes apprenants. C’est la raison pour laquelle SKEMA est au Brésil ou en Afrique. Ces jeunes doivent communiquer et travailler directement ensemble !”

SKEMA soutient directement et intensément les innovations sociales et environnementales, les changements d’habitudes, les prises de conscience et la cause environnementale tout simplement.

“Cette cause ne vient pas de nous, elle vient directement des apprenants. Encore plus jeunes qu’eux, les lycéens aussi qui sont à la base des récentes manifestations, montrent la voie à suivre, nous devons les soutenir, et d’ailleurs nous soutenons et comprenons leur cause. Moi j’y crois personnellement !” affirme M. Houdayer.



Le message de fin


“Conservons un élément d’interrogation, ne perdons pas notre esprit critique, cherchons l’ouverture d’esprit.”

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Gérer les accréditations : Une conversation avec Dr Keith Pond, Directeur d'EOCCS
Être accrédité devient une activité des plus importantes à entreprendre désormais, notamment pour les écoles en quête de renommée et de développement international. Évidemment, la tâche n'est pas simple pour les deans de ces écoles, bien au contraire. Le plus complexe dans l'affaire, c'est l'Assurance of Learning (AoL) et l'amélioration continue. Un objectif clé qu'il faut pouvoir prouver aux comités de revue des différentes accréditations. Le prouver c'est être accrédité.

Comment ? Tout est question d'implémenter des process efficaces. On ne se le cache pas, c'est compliqué. Pour les professeurs notamment, pour les managers d'accréditation encore plus !

On a posé la question à une soixantaine de ces managers. Résultat : 83,3% d'entre eux affirment que la la phase d'implémentation des processus et de collection de données est la plus difficile du voyage vers l'accréditation. De plus, 37% disent que la difficulté vient de la communication avec les professeurs et la transmission de données. La collection de données en tant que telle, est pour 51% le véritable enjeu de la profession.

On a tenté d'en savoir plus auprès de Keith Pond, Directeur de l'accréditation EOCCS et Senior Lecturer à l'Université Lougborough.

L'accreditation management reste un poste assez récent dans l'Éducation supérieure et avec l'entrée fulgurante de la tech dans le milieu, on peut déjà s'attendre à une évolution de celui-ci, affirme le directeur de l'accréditation.


Le brand strategist

Pour commencer, il faut savoir que les gestionnaires d'accréditations ont accès à beaucoup de données qu'ils doivent collecter, centraliser, organiser et mettre en forme pour la direction. L'objectif étant de faciliter la visualisation des données et, à posteriori, le processus d'accréditation.

"Avoir accès à la donnée, c'est très bien, mais qu'en faites vous," questionne Keith Pond, le directeur de la jeune accréditation EOCCS. éLes managers d'accréditation se démarquent de cette manière, dans l'utilisation de la donnée. Aussi, ils peuvent agir de manière proactive dans les décisions managériales."

On imagine rapidement l'ampleur de la tâche et l'importance de la fonction "d'avant garde, de stratège des écoles", ajoute Keith Pond.

"L'Éducation supérieure se comporte de plus en plus comme un marché. C'est pourquoi les managers doivent se montrer stratégiques avec leurs choix d'accréditations. Il est l'acteur qui doit savoir comment exposer l'école dans tous ses atouts," affirme t-il.

En effet, chaque accréditation a un impact sur l'identité d'une école et son développement. Élite, éthique, innovante, eco-friendly ? Aussi, mieux choisir ses accréditations en fonction de ses objectifs c'est assurer une crédibilité, une conformité entre la marque et ce qu'elle fait.

"Aujourd'hui, les données collectées par l'accreditation manager sont utilisées par les équipes marketing des écoles," explique Keith Pond, "la fonction devient ainsi de plus en plus clé pour le développement d'une institution."


Plus d'implication dans l'expérience d'apprentissage

Savoir mesurer des metrics, qu'elles soient des données qualitatives ou quantitatives, est au centre de l'Assurance of Learning (AoL).

L'AoL est un processus d'amélioration continue de l'apprentissage. C'est aussi une sorte d'indicateur de qualité d'apprentissage, ce qui ne peut pas toujours se mesurer en chiffre exact. Aussi, affirme Pond "collecter des données c'est bien, mais qu'en faites-vous ensuite ?"

"Chez EQUIS, les accreditation managers doivent se montrer capable de proposer des moyens d'améliorer l'apprentissage à partir des informations collectées."

"Alors ça devient une évidence, les gestionnaires d'accréditation prennent une place de plus en plus importante dans des dimensions très diverses de l'école," affirme Keith Pond.

Autrement dit, il devient maintenant crucial pour les directions de revoir la place de ces gestionnaires et de les mettre un peu plus au centre des décisions et stratégies.

Ce n'est pas une mince affaire, on s'entend. Cette position fait face à beaucoup de problématiques et peu de reconnaissances au sein des écoles de commerce et universités.

"Les managers d'accréditations sont beaucoup plus importants qu'ils ne l'ont jamais été, mais je ne suis pas sûr que les directions soient prêtes à mettre académiques et administrateurs sur un même pied d'égalité. Vous avez les administrateurs là et les académiques au-dessus," raconte Pond.

En effet, selon notre étude menée sur une soixantaine de gestionnaires d'accréditation, la principale raison qui rendait la collection des données difficile était la communication avec les autres acteurs du pipe, notamment les professeurs : trop long, peu d'écoute, difficulté de rassembler.


Le game changer

En conclusion, le poste de responsable de l'accréditation, en évolution constante, va gagner en importance dans les structures des écoles. Il est dans l'intérêt de ces écoles de les aider à faciliter la prise de décision, l'analyse et l'utilisation des données d'apprentissage pour les AoL.

L'innovation et la technologie peuvent y jouer un rôle. C'est l'une des visions d'EOCCS. Les initiatives plus innovantes des écoles aident à accomplir deux choses : améliorer l'apprentissage et faciliter la prise de décision.

C'est là que les outils technologiques peuvent aider, non pas en essayant de remplacer la pédagogie et de déclencher la "dark version d'une éducation basée sur la technologie", comme le dit Keith Pond, mais en aidant les universitaires et les administrateurs tels que les responsables d'accréditation à améliorer l'expérience d'apprentissage.

Dans ce dernier cas, cela signifierait lui faire gagner du temps pour faciliter la collecte de données, lui en laissant plus pour se concentrer sur le grand défi : "que faire avec les données".

Si vous êtes un responsable d'accréditation et que vous vous sentez parfois dans des moments difficiles, n'ayez crainte, votre voyage est rempli de promesses et risque de réserver bien des surprises en termes de possibilités d'action.

Keith Pond est directeur de l'accréditation EOCCS et maître de conférences à l'Université de Loughborough. Keith est un véritable puit de connaissances qui croit profondément en un changement vers une Éducation plus innovante. Ses histoires et ses aventures avec EOCCS sont une source d'inspiration pour tous les universitaires et les responsables d'accréditation à la recherche d'une amélioration de l'apprentissage de leurs étudiants.

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"Close the loop" : Comment obtenir ses accréditations plus facilement

Les accréditations telles qu’AACSB et EQUIS sont pour une école la clé de l’accession au club prestigieux des top institutions mondiales. Pas besoin de le souligner, on le sait, ces accréditations sont chères et nécessitent beaucoup, beaucoup d’efforts. De plus, c’est toute l’école qui peut se transformer de manière radicale, de la pédagogie à l’organisation interne. C’est pourquoi les processus d’obtention et de renouvellement peuvent être de vrais casse tête.


Bon, déjà rappelons ce qu’attendent les labels de type AACSB :
  • Des décisions basées sur des data (quantitatives/ qualitatives)
  • Une exécution rapide et des tests
  • Une politique de feedback réguliers
  • Un focus sur l’apprentissage des étudiants
  • Une culture de l’innovation

Vous le savez certainement, le processus d’accréditation consiste en l’ouverture d’un loop, d’une boucle, le but étant de fermer cette boucle sur décision des comités d’AACSB, ceci signifiant que tous les efforts ont été menés à bien et qu’il n’y a plus qu’à entretenir l’amélioration de l’apprentissage. Autrement dit vous fermez le loop, vous êtes accrédités.

Pour éviter le stress et pour éviter de tomber dans un bourbier, on vous conseille de suivre ces quelques conseils qui vous permettront de mettre toutes les chances de votre côté. Prenons l’exemple d’AACSB.

AACSB c’est d’abord une question de lecture et de compréhension

Comprendre l’organisation, ses valeurs et ses process ce n’est pas difficile. Il suffit de lire toute la documentation d’AACSB. Le vocabulaire n’est pas facilement compréhensible mais cela reste néanmoins la meilleure chose à faire avant même de poser sa candidature.

Souvent, la complexité des processus d’accréditation pousse les responsables des écoles à s’isoler afin d’essayer de trouver une solution aux requis demandés. C’est une grosse erreur. Au contraire, tout le monde doit être mis au courant et doit être libre de proposer des initiatives pouvant favoriser l’école candidate à l’obtention de l’accréditation. Comment ?

  • En formant administrateurs et corps enseignant à l’optimisation de l’apprentissage et aux outils innovants
  • En donnant plus d’autonomie aux professeurs sur leur pédagogie
  • En appelant les étudiants à faire preuve d’initiatives afin d’innover et, avec le soutien des facultés et programmes, améliorer l’apprentissage étudiant (de l’entrepreneuriat à la vie étudiante)

Une question de management

Appeler tout le monde à participer est un bon début. Organiser et appliquer des processus d’actions, c’est le top ! Le but est donc de planifier et répartir les rôles et actions de chacun dans le but de faciliter l’amélioration continue de l’école. Vous n’êtes pas seuls ! Mentors comme comités d’inspection sont là pour vous soutenir et vous offrir des conseils pragmatiques afin de remplir cette mission.

Les organisations et méthodes diffèrent selon les écoles et leur culture. Mais construire une organisation tournée autour de l’exécution rapide et de la communication quotidienne est généralement très efficace.

Par exemple vous pouvez :

  • Effectuer une première analyse de l’état de votre école afin déterminer vos besoins et les points à améliorer. C’est l’ouverture du loop.
  • Prioriser vos objectifs et les communiquer au corps professoral, et assigner à ceux-ci leurs objectifs et tâches court - moyen - long termes.
  • Communiquer avec votre centre d’analyse de données (si vous disposez d’un tel département) à propos des données que vous souhaitez collecter et analyser, des données qui vous permettront d’effectuer rapidement les changements nécessaires dans vos cours et programmes. C’est la partie management innovant du loop.
  • Former les professeurs aux plateformes utilisées pour collecter les données et feedbacks des apprenants. Permettre aux professeurs d’adapter leurs cours aux objectifs, learning goals, objectives et outcomes. Autonomie et créativité sont les maîtres mots.

    - Les résultats de leurs expériences apparaîtront au travers des données collectées et feedback des apprenants.
    - Ensuite, effectuer régulièrement des suivis afin d’apporter des idées dans le processus d’amélioration continue de l’apprentissage. C’est la partie “innovation pédagogique” du loop.

  • Appeler à l’initiative et aux projets des apprenants. Faire en sorte qu’il soient actifs dans l’amélioration de l’école. Les laisser s’engager dans des projets visant à améliorer leur apprentissage et leur apporter plus de compétences revient indirectement à les préparer à gérer des projets importants dans leur vie post-école, professionnelle. Cela revient à donner à l’école un impact innovant sur le marché de l’Éducation mais aussi à enrichir les données qualitatives et quantitatives obtenues afin de mieux comprendre et baliser l’apprentissage au fil des années.

    - Ensuite, effectuer régulièrement des suivis afin de mettre en place ou non les différents projets proposés. C’est la partie “innovation pédagogique” du loop.

Appliquer ce processus à votre organisation interne et fermez tranquillement le loop, vous êtes prêts à être accrédité !

Appliquer un processus d’optimisation et d’accélération de l’apprentissage

Jetez un oeil à ce process. Similaire au Design thinking, au Growth hacking, nous l’avons adapté à l’apprentissage. L’objectif est d’appliquer des tests rapidement afin de valider de nouvelles méthodes pédagogiques et idées qui pourraient aider les étudiants à mieux apprendre. Grâce aux données d’apprentissage, il devient possible de valider de nouvelles idées de semestre en semestre.


Apprenez en plus sur l’optimisation de l’apprentissage
ici.

Finalement, écoutez votre mentor.

Très simple et crucial dans votre réussite. Les mentors sont là pour vous aider. Ceux-ci viennent d’institutions déjà accréditées, autrement dit ils connaissent les démarches à suivre. Fermer le loop c’est entrer dans une démarche d’amélioration continue de l’apprentissage. Que vous cherchiez à obtenir ou renouveler votre accréditation, TestWe peut vous aider à optimiser votre apprentissage.

D’abord parce que la solution d’e-Exam que nous proposons vous permet de collecter et analyser des données très importantes dans vos effort d’AoL (Assurance of Learning) : les données académiques (notes d’exams et de tests, commentaires, suivis).

En digitalisant vos processus d’examens, nous ne vous permettons pas uniquement de gagner du temps sur vos création et correction de tests. On ne permet pas uniquement aux étudiants de passer de manière sécurisée leurs tests sur leur laptop ou tablettes. Nous vous permettons d’accéder à leurs données académiques afin que vous puissier suivre leur progrès et leur acquisition de compétences.

En intégrant les learning outcomes, goals et objectives ainsi que les feedback des professeurs sur chacun des examens des apprenants, nous vous aidons à faciliter la formation de vos dossiers de candidature aux accréditations ainsi que vos processus d’amélioration continue de l’apprentissage.

Vous voulez en savoir plus ? Pas de problème, jetez un oeil à ce white paper remplie d’infos, de témoignages et d’autres conseils qui vous aideront à accélérer votre obtention ou renouvellement de label.